L'atelier de vos émotions visuels

Les origines d'un Bô projet

KRISTINA 3
Scénariste photographique, créatrice de l’Atelier BÔ
Kristina
FELKHLE
Je m’appelle Kristina, je suis née à la fin de l’été 1989 à Zaraphchan en Ouzbékistan, appelée la capital de l’or en Ouzbékistan.

C’est est une ville de la province de Navoï, située dans une oasis du désert de Kyzyl Kum, à 700  km à l’ouest de la capital ouzbek « Tashkent ».

L’Ouzbékistan est un pays d’Asie centrale et une ancienne république soviétique. Il est réputé pour ses mosquées, ses mausolées et d’autres sites qui jalonnent la route de la soie, l’ancienne route commerciale reliant la Chine à la Méditerranée.

Mes parents et mes deux soeurs de nationalité russes vivaient dans ce pays au moment où je suis née, ma sœur ainée avait 15 ans et la seconde 11 ans.

Mes souvenirs dans ce pays ?

Le ciel clair presque toute l’année, le vent chaud du désert souffle le long des rues, la sécheresse, la lumière perpétuelle.

Un nuage de poussière au-dessus de la fosse à ciel ouvert jour et nuit.

Les températures estivales dépassant les 45 degrés à l’ombre.

J’ai vécu en Ouzbékistan jusqu’à l’âge de 8 ans puis nous sommes partis vivre à Kaliningrad (anciennement Königsberg jusqu’à 1945), petit territoire russe, enclave entre le sud des pays Baltes et la Pologne, au bord de la mer baltique.

Mon père travaillait dans les carrières, ma mère nous élevait mes sœurs et moi tout en travaillant.

Les souvenirs de mon enfance, sont des années pleines de clichés, les images de ce que les européens peuvent connaître de l’URSS dans les années 1990. Le mur de Berlin venait de tomber, la circulation des personnes pouvaient se faire plus facilement au sein des Républiques d’URSS. Je me souviens encore précisément à l’endroit ou nous vivons, une maison partagée en 4 appartements, au milieu d’un champ et une voie ferrée qui me guidait à pied sur le chemin de l’école à 5 km de la maison à pied matin et soir.

Je me souviens de la vie difficile à laquelle nous étions confrontés, mais aussi la bienveillance de mes parents, la recherche permanente du minimum qui devait nous permettre de vivre et d’exister.

Je n’ai que très peu de photos de mon enfance, de rares photos avec mes parents entourés de leur 3 filles. Je me suis reconstruit cette période au travers des photos des autres, celles que j’ai vues la bas sans les avoir ramenées, celles que j’ai vues depuis, sur le net. Les photos qui retracent la vie de tous les jours en Russie, marquée par la pauvreté et des plaisirs simples.

A la fin des années 1990, mes parents ont décidé de quitter la Russie pour retrouver une vie meilleure à l’étranger à ce moment-là une course à la recherche du bonheur commença. Nous devenions des émigrés, nous quittions notre pays. Je n’avais alors que 10 ans.

Là encore, je garde de cet exode, le souvenir de clichés de la vie de tous les jours, les pays traversés, les gens, les visages de ceux que nous croisions, gentils ou hostiles, les angoisses du quotidien, la découverte d’environnements nouveaux, le souvenir des chambres d’hôtels austères dans lesquelles nous vivions, parfois peu de temps, parfois plus longtemps.

Mes deux sœurs sont restées en Russie dans le but de nous rejoindre plus tard, l’aînée avait déjà 25 ans et la seconde 21 ans.

Après cinq années de voyage, d’une ville vers une autre, j’ai 15 ans quand nous arrivons à Metz, nous logions alors dans un hôtel proche de la gare qui accueillait les émigrés, quelques mètres carrés partagés à 3 avec ma mère et mon père.

Dans cet hôtel de Metz où vivaient d’autres familles d’origines différentes, d’autres enfants et d’autres adolescents je me souviens de scènes, encore des clichés restées dans mon esprit sans pour autant en avoir conservé des photos, celles-ci me manquent. Si elles existaient, elles témoigneraient de ces années, plutôt qualifiées « galères ». Ma scolarité dans un collège du centre-ville, des petits boulots pour bénéficier d’une autonomie financière et participer aux frais de notre famille, l’enchainement des cours puis d’un autre job et encore un autre, peu de temps passé à ne rien faire, avide de connaître la vie, d’être autonome et enfin me construire et m’installer dans ce pays d’accueil.

Pourquoi la photo ?

Comme évoqué, mes parents n’avaient pas la culture des photos souvenirs, je n’ai guère de photos de mon enfance, de mon pays d’origine ainsi que des pays traversés, ce manque, je l’ai reconstitué au travers des photos des autres, de mes souvenirs et de mon imagination.

La photo, c’est d’abord de l’émotion, l’empreinte d’une scène, de moments de la vie qui restent immortalisés sur le papier et vous accompagnent.

La photo c’est la façon dont le photographe a ressenti la scène, celle qu’il a choisi de conserver au moment où il a appuyé sur le bouton.

La photo artistique, celle qui m’attire et me motive, c’est celle que j’ai imaginé, pour donner lieu à une scénographie souhaitée, un personnage dans un contexte, une posture, un décor, une émotion proposée et certainement vécue de façon différente par celui qui l’observe. Un zest de provocation, d’envie de séduire, d’attirer l’attention, une attractivité de l’œil, une captation du regard pour quelque chose de particulier au milieu de choses plus banales.

BÔ parce que c’est encore plus beau que beau, c’est la mise en scène et la traduction de l’imagination de plusieurs artistes : le scénographe, le photographe et le modèle, l’alchimie d’une imagination visuelle invitant à l’émotion, au rêve et à l’imagination. Je vis dans une belle ville, Metz, riche d’un patrimoine exceptionnel, d’un décor naturel où l’ancien et le moderne se fréquentent et cohabitent, ville où la lumière, celle des saisons qui se traduisent par l’expression de la nature, dans le reflet de l’eau de la Moselle ou du plan d’eau au cœur de Metz, la ville des couleurs variées , celles du soleil sur la pierre jaune, blanche ou rose des bâtiments, français ou allemands, empires ou contemporains, un véritable studio-photos, grandeur nature, sans limite d’imagination. La ville des ambiances créées par les gens qui s’y plaisent, y vivent, y travaillent, et sont les acteurs de mes scènes au milieu des siècles d’histoire jusqu’à 3 millénaires, ici, à Metz, en Moselle.

J’ai créé BÔ en plein confinement du Covid, une époque marquante elle aussi, comme mon enfance, une période qui laissera des traces, un vide qu’il a fallu remplir. J’ai d’abord vécu longtemps l’atelier BÔ dans ma tête, j’ai imaginé les photos qui manquent, celles de ma vie d’avant.

Aujourd’hui BÔ existe, je souhaite que le public accueille ma sélection de photos avec enthousiasme, j’espère qu’elles ne laisseront personne indifférent et que beaucoup les achèteront pour décorer leur intérieur, à la maison ou au bureau. J’ai choisi de les décliner sur des supports divers, certains originaux et tendances.

Les œuvres des photographes s’expriment dans différentes tailles jusqu’à pouvoir couvrir les murs des chambres d’hôtels de Metz ou d’ailleurs.

J’habite dans les environs de Metz, j’aime cette ville et ce pays d’accueil. Avec mon conjoint, nous partageons le bonheur de 2 enfants, j’immortalise régulièrement le souvenir des années qui passent, je leur laisserai les photos de leur enfance, ils grandiront avec les images immortalisées qu’ils conserveront toute leur vie.